Le myriophylle à épi

Contrôle mécanique d’une plante exotique envahissante

Projet pilote au lac à la Tortue (Shawinigan, QC)

Problématique          Le myriophylle à épi          Actions          En continu          La recherche          Les acteurs

Mise à jour:

 

Les activités ont repris! Le 7 juin dernier, sous le soleil, l’équipe a procédé à un test de pose de jute manuellement. L’essai fut plus que concluant et nous poursuivrons la pose manuelle d’une partie des jutes au cours des prochains jours.

Bravo à toute l’équipe composée de membres de l’UQTR et de la SAMBBA! Et un grand merci à la Ville de Shawinigan et à l’Association pour la protection du Lac-à-la-Tortue pour leur appui technique.

Pour les photos de la journée, voir la section «Suivi des actions en continu» ci-bas.

Résumé du projet

Mis en place par la Ville de Shawinigan, avec la collaboration de la SAMBBA et de l’UQTR, le projet pilote vise à contrôler le myriophylle à épi par l’application de membranes sur le littoral du lac à la Tortue, là où le myriophylle prolifère.

Ce projet se veut une alternative dans le but de créer des corridors de navigation libre de myriophylle à épis, de façon à permettre aux embarcations de circuler sans risque.

Trois chercheurs du Centre de Recherche sur les Interactions Bassins Versants – Écosystèmes Aquatiques (RIVE) de l’UQTR, soit les professeurs Andrea Bertolo, Christophe Kinnard et Marco Rodriguez ainsi que des étudiants gradués conduiront des études ayant pour objectif d’analyser l’importance des effets structurants du myriophylle à épi et par conséquent, d’évaluer selon quelles limites celui-ci peut être contrôlé.

Collaboration

Ville de Shawinigan Communiqué de presse
SAMBBA 
UQTR Professeurs impliqués: Andrea Bertolo, Christophe Kinnard et Marco Rodriguez

Problématique

Jadis, le lac à la Tortue étaient l’hôte d’une panoplie d’activités aquatiques: planche à voile, natation, pédalo, navigation de plaisance, etc. Aujourd’hui, les planches à voile ont déserté le lac, les activités sont restreintes. Pourquoi? Parce que les plantes aquatiques ont proliféré, atteignent la surface et s’entremêlent dans les hélices des bateaux.

L’une de ces plantes est particulièrement problématique:
le MYRIOPHYLLE À ÉPI.

Elle est nuisible car c’est une plante exotique envahissante. C’est à dire qu’elle n’est pas indigène au Québec. Originaire d’Eurasie, elle se propage rapidement car un simple fragment peut former un nouvel individu!

Voilà pourquoi il est important de bien nettoyer son embarcation avant et après une sortie sur l’eau et de ne pas remettre à l’eau les bouts de myriophylle à épi récoltés.

Le myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum)

Famille

Haloragaceae

D'où vient-il?

Cette plante est originaire d’Eurasie. Elle serait apparue en Amérique du nord autour des années 1950. Par contre, il existe peu d’indices pour déterminer l’endroit et le moment exacts de son introduction. Cependant, la distribution non uniforme des mentions de la plante aquatique laisse supposer plusieurs endroits d’introduction. Comment? L’hypothèse la plus probable suggère que ce sont des aquariophiles qui se seraient débarrasser des plantes dans les plans d’eau.

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Où pousse-t-il?

Il colonise une vaste gamme d’habitat et peut croître à des profondeurs variant d’un à 10 m de profondeur en fonction de la quantité de lumière disponible. Il atteint la surface lorsqu’il pousse à moins de 5 m de profondeur.

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Comment l'identifier

Feuilles Les feuilles submergées sont verticillées (3 à 6 feuilles) et subdivisées en 12 à 24 paires de folioles.

Fleurs Les fleurs sont disposés en verticilles sur des épis émergeant. Le fleurs mâles sont au sommet et les femelles au bas de l’épi.

Tige Les tiges minces sont très ramifiées, surtout près de la surface où elles se courbent pour flotter.

Racines Elles sont denses et étendues.

Reproduction

Il semble qu’au Québec, le myriophylle à épi ne se reproduit pas ou très peu par graines. Il utilise plutôt un mode de reproduction végétative: la fragmentation. Il se propage rapidement par fragmentation de la tige. Les fragments sont transportés par le courant, les embarcations, les remorques, le matériel et les animaux.

Le myriophylle à épi est une espèce exotique envahissante (EEE)

Une EEE est un végétal, un animal ou un micro-organisme (virus, bactérie ou champignon) qui est introduit hors de son aire de répartition naturelle. Son établissement ou sa propagation peuvent constituer une menace pour l’environnement, l’économie ou la société.

Plus d’informations

Actions

Effectué pour la deuxième fois au Québec, le contrôle mécanique du myriophylle à épi par la pose de membranes demande des investissements monétaires et humains importants. C’est un projet pilote, il faut donc s’assurer que chaque étape est documentée afin d’en évaluer les retombées une fois terminée. On doit s’assurer que c’est une méthode de contrôle efficace et qu’elle n’engendre pas d’autres problématiques.

 

Actions réalisées en 2015

  • Élaboration du projet.
  • Recherche de technologies pour la pose des membranes.
  • Caractérisation des bancs de macrophytes à l’aide d’un drone, d’un échosondeur et de prises de données sur le terrain (p.ex. pêches, mesures physicochimiques de l’eau).
  • Analyse des données.
  • Élaboration des protocoles de suivi des tests.
  • Acquisition de matériel.
  • Demande d’un certificat d’autorisation auprès du MDDELCC.

Actions réalisées en 2016

  • Compléter la caractérisation des bancs de macrophytes.
  • Sélection des sites où seront mises les membranes en fonction des bancs de myriophylles à épi (superficie), de la profondeur du lac (entre 2 et 3m) et de l’accessibilité.
  • Études préliminaires.
  • Préparation du matériel.
  • Tester la technologie de pose des membranes sélectionnées (Block-Aid).
  • Pose manuelle des membranes servant à évaluer l’efficacité de différents matériaux.

Actions réalisées en 2017

  • Préparation du matériel pour la pose manuelle de 10 000 m2.
  • Essai de pose manuelle d’un dispositif.

Actions à réaliser

  • Pose manuelle d’une partie des membranes: EN COURS.
  • Pose mécanique des membranes à l’aide de la barge de la firme Block-Aid.
  • Suivis scientifiques pendant et après la pose des membranes.

(©TC Media – Myriam Lortie)
Martin Asselin, conseiller à la Ville de Shawinigan, Jescika Lavergne, responsable de l’environnement à la Ville de Shawinigan, Andrea Bertolo, professeur à l’UQTR et Sébastien Duchesne, directeur général de la SAMBBA.

Suivi des actions en continu

7 juin: Essai de pose manuel.

15 juin au 6 juillet: pose des dispositifs expérimentaux de l’UQTR: membranes de 25m x 25m. Mission accomplie!

©Radio-Canada

La recherche

L’équipe de chercheurs et d’étudiants gradués de l’UQTR participent activement aux différentes phases du projet. Ils s’occuperont du suivi intégral, sur au moins deux saisons estivales, des parcelles vouées à la compréhension de l’effet de bordure sur la faune. Une contribution importante car elle permettra de faire de la Ville de Shawinigan et du lac à la Tortue une vitrine scientifique et technologique sur le contrôle des impacts de l’eutrophisation des lacs habités.

Centre de Recherche sur les Interactions Basins versants-Écosystèmes aquatiques (RIVE)

Zooplancton

L’un des étudiants de maîtrise fera des recherches sur l’effet de la fragmentation spatiale de l’habitat sur le zooplancton. Cette approche, plus spatiale, se fera par drone et cartographie.

Daphnie (Daphnia magna) © UQTR

Poissons

Un deuxième aspect de la recherche portera sur l’effet de la fragmentation spatiale de l’habitat des poissons et sera supporté par l’acquisition de données à l’aide des caméras sous-aquatiques ainsi que par la modélisation statistique.

Crapet soleil (Lepomis gibbosus), lac à la Tortue (Shawinigan, Qc) © UQTR, 2015

De plus, la SAMBBA évaluera l’efficacité de différents matériaux dans les membranes tels que le jute, le coco et le géotextile.

Elle évaluera également différents patrons de largeur de membrane dans le but de déterminer qu’elle est la largeur de bande la plus efficace (coûts, facilité d’installation, usages) pour faciliter la navigation.

Autres acteurs impliqués

L’ABV des 7 a mis sur pied en 2012 un projet expérimental de contrôle du myriophylle à épi par la pose de jute en collaboration avec le MRNF. L’ABV des 7 nous offre son soutient dans l’élaboration du projet. Elle participe au volet de test de l’effet du matériel en ayant installé le même dispositif expérimental que ce qui est prévu d’implanter au lac à la Tortue. Cela permettra de réaliser un suivi dans deux types d’écosystèmes différents.

Block-Aid

La firme ontarienne Block-Aid Inc. a récemment développé une embarcation conçue spécialement pour déposer les membranes de jute au fond des lacs. Leur technologie a été retenue pour la pose des membranes de jute dans le lac à la Tortue.

L’université Laval, via Claude Lavoie, professeur et directeur de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional, participe à l’élaboration des protocoles de suivi des dispositifs expérimentaux. De plus, il s’est montré intéressé à intégrer le groupe de chercheurs qui suivront le projet à long terme.

Le MDDELCC et le MFFP collaborent avec nous afin de faciliter l’acceptabilité du projet pilote en nous orientant vers des méthodes de travail et des interventions acceptables dans le cadre législatif actuel. De plus, ils ont un intérêt marqué pour l’application à l’échelle provinciale des découvertes faites durant le projet pilote.

Vous désirez vous impliquer bénévolement dans le projet?

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Références

Myriophylle à épi

Revue de presse

26 juillet 2017. Radio-Canada. Un tapis de jute installé dans le lac à la Tortue.

12 juillet 2017. Radio-Canada. Une nouvelle technique pour éradiquer une plante « zombie » au lac à la Tortue.

21 juillet 2016. Radio-Canada. Une membrane dans le lac à la Tortue pour contrôler les plantes envahissantes.

21 juillet 2016. Le Nouvelliste. Du jute pour contrer le myriophylle à épi.

23 juillet 2016. L’Hebdo du Saint-Maurice. En rappel | Du jute au fond du lac à la Tortue.

Myriophylle à épi

4 juillet 2016. La Presse+. Des lacs en guerre contre une «plante zombie». / Le Nouvelliste.

4 juillet 2016. ICI Radio-Canada. Chez nous le matin. Audiofil, bloc 7h10.